Grasse, Capitale des parfums


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Les parfums de Grasse classés à l’Unesco
Le savoir-faire de la ville de la Côte d’Azur en matière de parfum vient d’être inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

Un doux parfum de victoire flotte depuis le 28 novembre 2018 sur Grasse, capitale mondiale des parfums ! Après une dizaine d’années d’efforts, la ville aux milles fragrances a obtenu le classement au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de ses savoir-faire liés au parfum. La reconnaissance d’une tradition qui remonte au XVIème siècle, mais aussi un coup de pouce pour essayer de mieux encore la préserver.

Chaque année depuis 2003, l’UNESCO délivre ce label international destiné à protéger « les pratiques, représentations, expressions et savoir-faire transmis de génération en génération au sein d’une communauté ». En France, le repas gastronomique, le Fest-Noz ou plus récemment, le carnaval de Granville, ont déjà intégrés cette liste.

Pour Laurent Stefanini, l’ambassadeur de France auprès de l’Unesco. Ce classement récompense une série de savoir-faire artisanaux, de la culture à la distillation, en passant par la mise en valeur. C’est le 17ème élément classé en France, ce qui fait de nous le pays européen a en posséder le plus. »

Considérée comme le berceau de la parfumerie, Grasse peut se targuer de maîtriser toutes les étapes de la filière parfum : ici, on cultive le jasmin, la fleur d’oranger, la tubéreuse, la rose centifolia, la violette et bien d’autres fleurs et plantes avant de créer sur place les assemblages et de commercialiser les flacons. Elle peut aussi se vanter de rester un poids lourd économique, puisque les entreprises de la région brassent 10 % du chiffre d’affaires mondial des senteurs et arômes.

PATRIMOINE CULTUREL IMMATERIEL DE L’HUMANITE
Intervention de Constant VIALE au SENAT le 23 novembre 2015

« Chaque fleur est une âme à la nature éclose, un mystère d’amour dans le métal repose. »
Le poète, être d’intuition a su dire en peu de mots et de façon intuitive, l’unité de toute chose.

Pour aborder la Beauté une grande prudence est requise pour ne pas tomber dans la facilité de la confusion avec la joliesse ou l’esthétique.
L’homme de la terre, producteur de plantes à parfums est d’autant plus créateur de Beauté qu’il est conscient, porteur comptable et responsable de ce qui lui est confié.
Responsable de la gestion en bon père de famille d’un espace-écrin dans lequel il œuvre : le paysage, littéralement pays sage, parce que venant du fond des âges et qui a besoin d’être compris pour être respecté dans une certaine obéissance à ses lois.
Responsable des moyens mis en œuvre pour en vivre, bien sûr, sans tout bouleverser de l’ordonnancement de le la vie.
Responsable de la qualité de ses récoltes en sachant, dès le début que c’est son propre sceau psychologique qu’il appose sur l’ensemble de ses interventions et que par conséquent cette -alpha-qualité- matière va se retrouver jusqu’à l’oméga dans son utilisation par la prééminence de l’esprit sur la matière.

Ainsi, ce producteur, ne livre pas « un produit », mais un fragment de sa propre conscience en marche, de là seulement la Beauté-couronnement peut venir.
Responsable enfin parce que la fleur est vivant enseignement puisqu’arrivée à éclosion, elle contient à la fois l’Origine, étant fragment non dissocié de l’unité primordiale, la semence, c’est-à-dire l’idée métaphysique de la forme qu’elle va générer et le subtil, élément in descriptible de cohésion, 6ieme élément en suspension dans l’éther comme la Joie, comme l’amour.
Le salaire de la Beauté rend au centuple le soin, l’attention, la présence d’un vivant regard, celui qui transforme tout ce qu’il saisit.

Il semble plus que jamais, que l’homme a besoin de cette Beauté sans laquelle il meurt. C’est à ce point de contact que l’humanité entière est concernée. L’homme se nourrit de l’invisible, de l’impersonnel, à trop préférer leurs contraintes, il ne peut que survivre. Mai étant entité charnelle, par ses sens, il est apte à l’émerveillement, vertu salvatrice.
Dès lors,
la Beauté est fil de relation entre les deux dimensions de l’homme.
C’est pourquoi elle est vitale.
Cette Beauté des fleurs, source d’émerveillement elle simultanément porteuse de
dérangement de nos manières hypnotiques de vivre qui font le monde tel qu’il est, enseignement subtil des plus hauts sommets de l’intelligence : la fleur naît, vit et meurt sans se prendre dans la continuité d’une entité personnelle. Cette Beauté participe à l’éveil d’une nouvelle
conscience qui rejoint l’Harmonie du Cosmos-Ordre-Beauté.
Cette beauté désenvoûte l’homme de l’obscur, de l’avide, parce qu’elle le comble de sa plénitude.
C’est ainsi qu’elle le soigne et l’a-guérit (a privatif de guerre) parce qu’elle impose à l’égo, toujours violent d’irrationalité, sa propre reddition sans violence, acceptant sa dissolution dans sa propre extase.
La Beauté est donc subtile matière première de la compréhension, c’est pourquoi elle émeut les sens en profondeur.
Comment cette Beauté des fleurs, Beauté « en elle-même », est-elle accessible au cerveau humain ? C’est qu’en nous cette Beauté est l’émanation d’une étrange chose puisqu’elle est manifestation de la dynamique du mouvement de l’esprit immobile porté par… les ailes dissimulées de l’intuition.
C’est une nouvelle dimension porteuse de l’état de paix et par conséquent de bonheur. Or, si nous voulons bien cesser de nous raconter des histoires, l’homme n’a qu’une mission : être heureux. Pourquoi ? Parce qu’étant heureux il rayonne de surcroit autour de lui le bonheur.
Regarder cette Beauté des fleurs, lumière de l’Origine condensée en formes, couleurs et parfums, permet un dévoilement partiel du mystère car dans l’Univers qui est l’espace plein de l’Origine, la conscience humaine est une métamorphose du mouvement dans l’immobile gérée par le verbe et sa réflexion, la Nature… Ce que l’homme sait déjà depuis les Védas !

Alors bien évidemment, le sens d’une reconnaissance au Patrimoine Culturel Immatériel des savoir-faire liés au Parfum en Pays de Grasse, entre tous les aspects bénéfiques évoqués par les intervenants précédents, revêt pour nous, une signification supplémentaire et une portée nouvelle, une dimension initiatique : accueillir la vibration du commencement, seule porteuse de l’état créatif régénérateur de l’homme.

Ainsi, donner tout son sens à la vie, à commencer par la vie des sens, outils de l’intelligence pour explorer à la fois l’intérieur et l’extérieur de la conscience dont le point de rencontre, le contact, est celui des évènements historiques et de l’existence, en sachant bien que l’intérieur impose toujours à l’extérieur.
Réaliser que la Beauté des fleurs, offrande sans retour, ne peut être l’intervalle entre deux laideurs, mais qu’elle est immensément au-delà.
Réaliser que la Paix n’est pas l’intervalle entre deux guerres, mais qu’elle n’a aucun rapport avec elles, sont des prises de conscience qu’offre la proximité silencieuse avec les fleurs, voyage immobile où s’abolit tout désordre et dans lequel s’accueille la joie sans envers.

Constant VIALE