Le Bar sur Loup


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Le Bar sur Loup

Découvrir, connaître et visiter Le Bar sur Loup, Côte d’Azur, village provençal, cité de l’oranger, ville natale de l’Amiral de Grasse, festivités et manifestations, ses hommes célèbres

Découvrir et visiter le village du Bar sur Loup

J’aimerais vous présenter mon village, celui où je suis née comme tant d’autres avant et bien plus après, celui où j’ai appris à marcher.celui qui caché dans la fameuse COTE D AZUR vous découvrirez..peut-être.
Mon village, peu de gens le connaisse car quand on parle de la CÔTE D’AZUR, on parle de Cannes, de Nice, d’Antibes ou bien encore de Saint Paul de Vence.Mais peu de gens pense à un petit village comme BAR SUR LOUP qui se cache entre mer et montagne dans un petit coin de paradis qui n’est pas fait pour que des hordes de touristes déambulent au pas de charge avides d’avoir fait le plein de visites payantes et guidées.
Non, mon petit village de BAR SUR LOUP c’est plutôt un vrai village avec ses personnes âgées qui vous parlent spontanément alors que vous ne les avez jamais vues, c’est un chat qui se promène dans la rue, c’est les petits oiseaux que l’on entend, ce sont les vélos des enfants qui contre la façade de leur maison dans la rue attendent bien gentiment que leurs petits propriétaires aient « fini l’école » pour les enfourcher.
Mon petit village c’est surtout un cadre de vie, un calme, une sérénité à toute épreuve loin des clichés commerciaux c’est la vrai vie..au naturel.j’oserais même dire au bio !
Alors l instant d’un clic venez regarder par le trou de la serrure à quoi peut ressembler mon, notre, et un peu le vôtre un petit instant, beau village de BAR SUR LOUP.
Mais surtout, n’en parlez a personne, il doit rester comme il est, authentique et originel, c’est un précieux secret d’essayer de l’amadouer le temps d’une petit visite et on ne voudrait pas voir débarquer des centaines de personnes voulant le dénaturer pour des aspects financiers.

Le Bar sur Loup et l’oranger (ou bigaradier), une longue histoire

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Dynamique économique du village pendant fort longtemps, un oranger donnait environ 12 à 15 kg de fleurs, certains arbres pouvaient en fournir jusqu’à 30 kg…
Autrefois, au petit jour (vers 5h du matin), la cueillette commençait : hommes, femmes, enfants prenaient des draps en toile de jute, des échelles et partaient cueillir la fleur. On disposait les draps sous les arbres et l’on montait aux échelles faire la cueillette des fleurs, une à une pour ne pas les endommager.
Ensuite toutes les fleurs étaient regroupées, mises en sac pour être livrées par un courtier aux usines de parfumerie de Grasse, qui en distillaient deux produits : l’Essence de Néroli pour la parfumerie et l’eau de Fleur d’Oranger pour l’alimentation en pâtisserie.
Il faut environ 1000 kg de fleurs pour donner 1 kg d’essence. L’extraction par solvants volatiles est un procédé pour recueillir la « concrète » et « l’absolu ». Les Alpes Maritimes était le département français où la distillation du Bigaradier était la plus importante. En 1923, on estimait à 200.000 les orangers en production et à 2.500 tonnes la production de fleurs par année.
Le paysage pentu de nos campagnes est composé de « restanques » ou terrasses en escaliers tenus par des murets de pierres sèches. Leur entretien était pénible mais au Bar sur Loup, on cultivait intensément l’Oranger Bigaradier, grâce à son micro-climat particulièrement doux.
Aujourd’hui, on ne ceuille plus les fleurs et ainsi la production de fruits augmente par arbre. Et sans parler de la confiture d’oranges amères, la spécialité culinaire de notre village, c’est le fameux Vin d’Orange que l’on peut trouver chez les commerçants du village.
Tous les ans, le lundi de Pâques, la Fête de l’Oranger est l’occasion de présenter au public les traditions villageoises autour d’un éco-musée ou de démonstrations de construction de murs en pierre séches ou de taille d’orangers. C’est aussi l’occasion de savourer les produits régionaux au son des groupes folkloriques et orchestres traditionnels.

Un des plus beau spot de deltaplane et de parapente de la Côte d’Azur

Au coeur d’un cirque montagneux, le Bar sur Loup est un spot mondialement réputé pour le parapente et le deltaplane. Exposé sud est, le spot bénéficie de rentrées d’air maritimes dont les ascendances dynamiques s’ajoutent aux ascendances thermiques. Ainsi, il n’est pas rare de voir plusieurs dizaines de parapentistes et deltaplane orner le ciel bleu de leurs arabesques depuis Gourdon jusqu’au Pic de Courmes, les plus audacieux poussant jusqu’au spot du Col de Bleine à 30 km de là.

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L’Amiral de Grasse

Le château du Bar sur Loup voit naître le 13 septembre 1722, François-Joseph, Paul, Comte de Grasse. A cette époque un pont-levis, enjambant les douves, était la seule voie d’accès à l’imposant château. Le donjon, dont la base héberge actuellement l’Office de Tourisme était une tour haute de sept étages, lieu stratégique de surveillance des Gorges du Loup. Flanqué de plusieurs tours d’angles, ces bases étaient enrochées en contrebas.
François-Joseph est un enfant difficile et turbulent, aussi son père le destine à une carrière militaire. Les promenades qu’il effectue avec son précepteur jusqu’au Port d’Antibes lui font découvrir le monde de la marine à voile et dès l’âge de douze ans il commence son apprentissage de marin.
Il s’engage dans les gardes marines à Toulon, puis à Malte. Enfin il réintégrera la Marine Royale. Gravissant les échelons de la hiérarchie militaire, il obtient son premier commandement en 1762 sur le vaisseau « Le Prothée ». Il combat sur toutes les mers et plus particulièrement aux Antilles.
Et c’est aux Antilles justement que le nom de l’Amiral de Grasse va entrer dans l’Histoire…
Le siège de Yorktown
En effet, le 22 mars 1781, sur l’ordre de Louis XVI qui le nomme lieutenant général des armées navales, le comte de Grasse part de Brest avec une escadre pour aller au secours des américains, en lutte contre les anglais pour leur indépendance.
A Saint Domingue, il embarque 3.000 hommes qui vont soutenir Washington, La Fayette et Rochambeau devant le fort de Yorktown où Lord Cornwallis est assiégé. Le 5 septembre 1781, il débarque hommes et matériels dans la baie de la Chesapeacke, puis averti par une frégate de l’arrivée d’une escadre anglaise, il appareille très rapidement et entame le combat afin d’empêcher le ravitaillement de Yorktown par les vaisseaux anglais. Il repousse les anglais qui finiront par renoncer. A terre, le siège commence. Le 14 octobre, deux redoutes sont enlevées et le 18 octobre, Lord Corwallis capitule. L’indépendance américaine est acquise.
La bataille des Saintes
Après cette victoire éclatante, les anglais souhaitent prendre leur revanche. Le 11 avril 1782, l’Amiral de Grasse à bord de « La Ville de Paris », à le tête de trente bâtiments de guerre, escortant une centaine de navires marchands, est attaqué par l’escadre anglaise de l’Amiral Rodney. Le navire « La Ville de Paris » est coupé de son avant-garde et de son arrière-garde. Les commandants des bâtiments français n’obéissent pas aux ordres de l’Amiral de Grasse. Son équipage décimé, de Grasse est fait prisonnier. Arrivé à Londres, il est reçu par Georges III qui lui rend son épée. Chargé par le gouvernement anglais d’élaborer le plan de paix entre la France et l’Angleterre, il rentre à Paris avec l’amertume de cette dernière défaite. En dépit de l’opposition du roi, de Grasse provoque le procès de Lorient. L’arrêt du Conseil de Guerre est accablant pour ses adversaires, mais le roi ne lui pardonne pas d’avoir déclenché ce scandale et le bannit de sa cour.
Usé, fatigué, l’Amiral de Grasse meurt à Paris, le 14 janvier 1788. Son corps est inhumé en l’église de Tilly, face à son château des Yvelines.
Tous les ans, à la mi-septembre, la commune du Bar sur Loup s’associe à la ville de Grasse pour fêter dignement son héros, lors de la Fête de la Marine qui réunit villageois et personnalités françaises et américaines.

Célestin Freinet: 1896 – 1966 « Un homme, une pédagogie »

Fierté du Bar sur Loup, Célestin Freinet a laissé parmi nos concitoyens un souvenir impérissable.
Né dans un petit village voisin, Gars, rien ne destinait ce petit paysan à devenir célèbre dans le domaine bien particulier de la pédagogie.
Célestin sera envoyé à 13 ans, en pension à Grasse, en vue de préparer le concours d’entrée de l’Ecole Normale d’Instituteurs de Nice. Concours que l’enfant réussit, ses parents sont alors déchargés des frais d’études. L’Etat se charge de tout, avec un emploi moyennement rémunéré certes, mais sûr.
La guerre de 1914 le prive de la dernière année d’études. Le manque d’instituteur (partis pour la guerre), se fait sentir, on écourte les études et les promus de dernière année sont employés à des remplacements. A 18 ans, mobilisé, il part se battre et en 1917, gravement blessé au poumon, invalide reconnu à 70 %, il part en convalescence où il mettra au point sa théorie d’éducation active. Il a alors 23 ans.
Une nouvelle pédagogie
Nommé le 1er octobre 1919 au Bar sur Loup, il prendra ses fonctions le 1er janvier 1920. Il n’a aucune envie d’entrer dans le schéma classique, de reproduire ce qu’il a subi étant enfant. En effet, il se souvient de son ennui sur les bancs de l’école, des cours magistraux prodigués par un maître en costume noir, des rêves de courses dans la nature, de jeux au bord du torrent, pendant les séances d’endoctrinement (selon son propre propos, c’est ainsi qu’il appelle les cours d’Histoire de France !)
Son premier souci fut de supprimer l’estrade magistrale et de placer son bureau au milieu de la classe : une Révolution ! L’école doit être intégrée dans la vie. Il n’y a aucun cours qui ne soit dicté par la motivation. Aussi se promène-t-il souvent dans la campagne avec ses élèves, voir travailler les paysans, poser des questions, prendre des notes, et au retour, ensemble, on rédige un rapport. Des questions se poseront et pour les résoudre l’élève comprendra la nécessité d’obéir à certaines structures enseignées dans les manuels scolaires, qui seront mieux acceptés.
De l’imprimerie au journal scolaire
La renommée de Freinet et de ses méthodes « actives » se fait jour. Des collèges lui écrivent pour diffuser les travaux de ses élèves et il a l’idée de les imprimer. En 1942, il achète une petite presse destinée à des commerçants pour diffuser des prospectus. Le format est réduit mais les enfants sont enthousiastes. Enfin ils ont la certitude de pénétrer dans le monde des adultes. Tous les jours, chaque enfant reçoit un exemplaire du texte choisi pour être imprimé et l’ajoute dans son classeur pour constituer le « livre de vie » de la classe. Freinet, encouragé par Henri Barbusse et Romain Rolland, écrit des articles dans « Clarté » et « L’Ecole émancipée » et en 1927 un livre « L’imprimerie à l’école ».
La poste, par son refus d’accepter le tarif réduit des périodiques pour des envois d’imprimés, jouera un rôle décisif dans la diffusion de ses méthodes. Freinet trouvera le moyen de tourner la difficulté. En 1972, il crée le « Journal Scolaire », bi-mensuel déclaré en Préfecture. Puis, entre temps, des instituteurs passionnés créent la « Cinémathèque Scolaire Coopérative », qui permet aux classes de s’échanger les cours documentaires filmés par les enfants sur les travaux des champs, les paysages, par une petite caméra Path-Baby. Celle-ci qui fusionnera avec la coopérative de l’imprimerie à l’école pour devenir en 1928 la Coopérative de l’Enseignement Laïc, édite un bulletin pédagogique, « L’imprimerie à L’Ecole » où l’on débat de tous les problèmes de l’éducation, en France et dans les autres pays.
A cette époque, il quitte Le Bar sur Loup pour enseigner à Saint Paul. Il décèdera en 1966 et sera inhumé à Gars. Le retentissement de ses théories sur l’école moderne sera mondial.
Sources: article de G. Ducoulombier, d’après le livre de Michel Barre, « Célestin Freinet, un éducateur pour notre temps ». Publications de l’ Ecole moderne française, Mouans Sartoux 1995-96.

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Francis Ponge: 1899 – 1988 « Le poète des objets »

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Francis Ponge est né en 1899 à Montpellier, au sein d’une famille de trés vieille souche huguenote, imprégnée de musique, de littérature et de réflexion philosophique. Il bénéficie d’une enfance privilégiée au sein de la bonne société protestante. Lycéen intelligent mais irrégulier, et parfois dissipé, il fait cependant de brillantes études en réthorique, droit et philosophie et fut admis à l’Ecole Normale Supérieure en 1919.
Proche du courant surréaliste dans les années trente, il tente dans ses poèmes de « donner la parole au monde muet ». En 1942 « Le Parti pris des choses » le classe tout de suite au premier rang. Militant communiste, il dirige l’hebdomadaire « Action » et effectue un séjour en Algèrie. En 1961, il publie « Le Grand Recueil » en 3 volumes: « Lyres », « Méthodes » et « Pièces » et s’installe au Mas des Vergers au Bar sur Loup où il s’éteint en 1988.
Un artiste du langage
Poète exigeant, méfiant envers ce qui vient trop facilement, Francis Ponge prenait le temps de contempler, de noter, de dater, laisser reposer ses textes plusieurs années, les retouchant comme le peintre ses toiles. Il considérait la création politique comme un travail d’atelier, la rencontre avec les peintres et les sculpteurs étaient inévitable. De ces dialogues sont nés les textes de « L’Atelier Contemporain », longue méditation sur les rapports de l’artiste à sa matière, à son « objet » et les conditions de son expression.
Les textes clos du « Parti Pris » et de « Pièces » s’apparentent à des fables: après une « définition – description », le poète tire de la rencontre avec l’objet et les mots de l’ogjet, une « morale » qui est aussi une leçon réthorique. Le « Parti pris des choses » célèbre avec humour le monde muet auquel il « rend la parole ». Les « choses » de Francis Ponge sont aussi bien des objets naturels ou ordinaires et délibérement anti-poétiques, comme « La Mousse », « La Cigarette », « Le Cageot », que des phénomène physiques (« Le Cycle des Saisons ») ou des êtres humains figés en stéréotypes (« Le Gymnaste »). les choses du « Parti pris » sont en trompe-l’oeil: elles sont autant le texte que l’objet réel qui lui sert de « prétexte »; il s’agit seulement de « faire quelque chose », un objet verbal qui ait, dans le monde des paroles, la même densité, « la même manière d’être » que la chose dans le monde physique.
Sources: d’après le livre de Marcel Spada, « Francis Ponge », collection Poètes d’aujourd’hui, édition Shegers, Paris 1974. Et les extraits des textes de M. Eric Pellet, enseignant à l’UFR de Lettres de l’UPVM.